Rénovation énergétique des copros : quels financements ?

En 2019, l’Association des Responsables des Copropriétés (ARC), Energy Pulse et Île-de-France Énergies ont publié “Le financement des travaux en copropriété”, un guide complet qui fait le point sur les aides mobilisables en cas de rénovation énergétique en copropriété. L’occasion de faire un point à date sur le financement et l’organisation d’un projet de transition énergétique en copropriété.

Quels financements et pour qui ?

Les financements collectifs

  • Les certificats d’économie d’énergie (CEE). La loi impose aux fournisseurs d’énergie de réaliser des travaux de rénovation énergétique ou de contribuer à les réaliser. Communément versée sous forme de prime, cette aide est attribuée aux personnes souhaitant mener des travaux visant à réduire leur consommation d’énergie. Dans le cas des travaux réalisés en partie commune des copropriétés, c’est le syndicat de copropriétaire qui en est bénéficiaire. Cependant, la situation de “Précarité Énergétique” des foyers peut permettre d’augmenter le montant de l’aide. 
  • Les aides de l’Agence Nationale de l’Habitat. Le programme “Habiter Mieux Copropriété” de l’ANAH accorde une aide au Syndicat des copropriétaires si les travaux de rénovation énergétique engagés permettent de réaliser 35 % d’économie d’énergie minimum. Plafonnée à 15 000 €, la prime s’élève en général à 25 % du montant HT des travaux éligibles. L’éligibilité à cette aide dépend de plusieurs facteurs :
  • la copropriété doit être fragile c’est-à-dire qu’elle présente un taux d’impayé compris entre 8 et 25%
  • l’étiquette énergétique initiale doit être entre D et G
  • la copropriété doit être composée à 75 % de résidences principales

Si votre copropriété est éligible au programme “Habiter Mieux Copropriété”, il faudra faire un choix entre cette aide de l’ANAH ou le CEE. Ces deux aides au financement ne sont pas cumulables.


  • Les prêts collectifs. Régis par les articles 26-4 à 26-8 de la Loi de 65-557 du 10 Juillet 1965, ces crédits bancaires sont accordés aux syndicats de copropriétés pour financer les travaux des parties communes et les travaux privatifs votés d’intérêt collectif. Il n’y a ici pas de condition d’attribution de prêt ni d’évaluation de la capacité de remboursement en dessous d’un certain montant, fixé généralement à 21 500 €. Parmi ces prêts figurent :
    • Les prêts collectifs classiques, à des taux d’environ 2,1 % sont proposés uniquement pas la Caisse d’épargne Île-de-France. 
  • L’éco-prêt à taux zéro collectif, accordé aux copropriétés par la Caisse d’Epargne Ile-de-France ou Domofinance depuis le 1er Janvier 2014. Il est mobilisable pour certains types de travaux (isolation de la toiture, isolations des murs donnant sur l’extérieur, isolation des planchers bois, remplacement des menuiseries, remplacement ou installation d’un système de chauffage plus performant, installation d’un système de chauffage fonctionnant aux énergies renouvelables, installation d’une production d’eau chaude sanitaire fonctionnant aux énergies renouvelables). 
  • Le tiers-financement. Ce prêt, accessible pour les copropriétés dans 3 territoires (Île-de-France, Hauts-de-France et Nouvelle Aquitaine), est une solution mêlant études techniques, accompagnement de votre projet et financement. En pratique, la copropriété confie l’étude des travaux à la société de tiers-financement. Le montant du prêt collectif est constitué de la somme des prêts individuels. Il est versé sur le compte de la copropriété. Le remboursement par chaque copropriétaire concerné se fait dans les appels de charges. Il s’agit d’un prêt cautionné pour qu’il n’y ait pas de solidarité entre copropriétaires, accordé sur 5 à 20 ans taux de 1,9% TAEG chez Île-de-France Energies.

Les financements individuels

  • L’aide de l’ANAH des propriétaires occupants. L’aide est mobilisable si les travaux prévus visent à réduire d’au moins 25 % la consommation d’énergie. Son montant est fixé à 45 % du montant des travaux éligibles pour les ménages modestes et à 60 % pour les ménages très modestes, avec un plafond fixé à 20 000 €. Les copropriétaires bailleurs peuvent également bénéficier de l’aide des propriétaires occupants si les travaux prévoient une réduction de la consommation d’énergie d’au minimum 35 %. Cette aide est mobilisable pour le copropriétaire bailleur s’il s’engage à louer ce logement à des locataires sous conditions de ressources et à un niveau de loyer plafonné.

Les plafonds de ressources fixés en 2019 en Ile-de-France. (cf guide : Le financement des travaux en copropriété)

  • Le déficit foncier des propriétaires bailleurs. Contrairement aux idées reçues, le copropriétaire bailleur bénéficie aussi d’aides pour les travaux de rénovation énergétique. Il participe au financement des travaux bien qu’il ne bénéficie pas directement du confort qu’ils engendrent. Mais il peut bénéficier de certaines aides, comme le déficit foncier. Ses investissement dans son logement loué viendront en déduction de son résultat foncier et donc de son impôt sur le revenu. En prenant en compte les aides auxquelles les copropriétaires bailleurs ont droit, leur reste à charge ne constitue en moyenne que 55 à 65 % de la somme investie dans l’amélioration de leur(s) bien(s).

Le Crédit d’impôt transition énergétique (CITE), après la réforme du 1er Janvier 2020, le CITE devient Ma Prime Renov. Il ne sera pas compatible avec Habiter Mieux décrit plus haut et qui se révèle généralement beaucoup plus intéressant. En revanche, pour les ménages non éligibles aux aides de l’ANAH, MaPrimeRenov devrait maintenir une subvention à la place du crédit d’impôt.


Besoin d’un coup de pouce ?

Au-delà des aspects financiers, la mise en œuvre d’un projet de rénovation énergétique peut bénéficier de l’intervention de professionnels qualifiés, qui pourront vous conseiller tant sur les questions économiques que sur l’organisation de votre projet.

Je me fais aider par un ingénieur financier

Les aides mobilisables en cas de rénovation énergétique des copropriétés sont nombreuses et soumises à différentes conditions. Pour y voir plus clair, nous vous recommandons vivement de faire appel à un ingénieur financier qui saura vous conseiller et vous diriger vers les aides les plus adaptées pour votre projet.

L’ingénierie financière vous accompagne dans le plan de financement de votre projet de rénovation énergétique en ciblant précisément les aides dont vous pouvez bénéficier en fonction des travaux à réaliser. Il facilite le dialogue et la compréhension du projet de travaux de transition énergétique avec les copropriétaires. Faire appel à l’ingénierie financière offre une vision claire du projet grâce à un oeil expert : parfait pour se projeter en toute connaissance de cause !

Je sollicite des experts de l’organisation de travaux en copropriété

Se lancer dans un projet de rénovation énergétique comporte des étapes clés à ne pas manquer. Le service public FAIRE vous guide dans vos travaux de rénovation énergétique. Les conseillers vous aideront à cibler les travaux à réaliser et les aides dont vous pouvez bénéficier. Trouvez un conseiller maintenant !

Il est important d’être au fait sur les différentes aides financières mobilisables que vous pouvez solliciter si vous entreprenez des travaux de rénovation énergétique de votre bien. Si vous y perdez, n’hésitez pas à faire appel à un ingénieur financier qui saura vous orienter. Ces aides ont le mérite d’exister, vous auriez tort de vous en priver !

Pour plus de détails, vous retrouverez toutes les informations relatives au financement dans “Le financement des travaux en copropriété”.