Rénover en une fois ou par étape ?

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Les investissements requis par une rénovation globale font souvent hésiter les ménages. En effet l’investissement souvent élevé pour les ménages, ainsi que l’ampleur des travaux peuvent s’avérer être un frein. Cela conduit certains à préférer des travaux partiels ou par étape plutôt qu’une intervention complète en seule fois. Se pose alors la question suivante : La rénovation par étape est-elle moins chère et plus simple ?

La rénovation par étape est de prime abord un choix tentant. Elle peut sembler moins invasive et laisse la possibilité à la copropriété d’étaler les travaux et leurs coûts dans le temps, rendant le financement des travaux et leur vote plus aisé. Néanmoins, cette option tentante s’avère au bout du compte peu judicieuse autant sur le plan technique qu’économique.

Une plus grande garantie de performance

Techniquement, il est difficile de séparer les différentes interventions.

Par exemple lors d’un changement de menuiseries, il est essentiel de rénover en même temps la ventilation pour assurer une bonne qualité de l’air intérieur. Prévoir conjointement le changement des fenêtres et l’isolation des façades permettra de traiter l’isolation en tableau, évitant ainsi un beau pont thermique.

Coupler le changement de chaudière et l’isolation garantit un bon dimensionnement de la puissance et donc un fonctionnement optimisé des équipements.

Traiter l’intégralité des façades permet de profiter de la présence des échafaudages et un bon traitement des points singuliers.

La liste des interventions qui sont beaucoup plus performantes lorsqu’elles sont menées conjointement est longue !

Pour une mutualisation des dépenses

Mais cette démonstration technique conduit souvent à la réponse suivante de la part de la copropriété : « Nos capacités financières sont limitées et nous devrons donc prioriser pour réduire les coûts et programmer les travaux dans le temps ».

Dans la majorité des cas, c’est une erreur !

Certes le premier investissement pour une rénovation globale s’avérera plus élevé. Mais réaliser plusieurs interventions sera nettement plus cher, les dépenses ne pouvant pas être mutualisées, que ce soit sur les études de conception ou lors des travaux.

Un meilleur accès aux subventions et aux solutions de financement

La solution par étape sera non seulement plus chère mais elle réduira l’accès aux subventions. Par exemple, les subventions du programme Habiter Mieux de l’ANAH requièrent 25 % d’économies d’énergie. Si un programme global ambitieux permet d’économiser 50 % d’énergie, il est éligible. Mais s’il est découpé en 3 interventions réduisant chacune de 20 % la consommation d’énergie, alors ces subventions ne seront plus accessibles.

De même, le montage d’un prêt collectif exige des montants minimums à l’échelle collective et à l’échelle individuelle. Un « saucissonnage » du projet peut conduire en-dessous de ces seuils et empêcher l’accès au prêt pour certaines étapes.

Et pour évaluer la faisabilité d’un projet, c’est justement à cela qu’il faut s’attacher : quel est le montant de mes remboursements de prêt, une fois déduites mes subventions et économies d’énergie ?

Cet « effort mensuel » se révèle généralement plus bas pour une rénovation globale que pour des interventions partielles.

Et la valeur verte ?

Il en va de même pour la « valeur verte ». Une rénovation partielle aura un effet d’attractivité moins évident pour des acquéreurs potentiels. Car s’il reste des éléments à traiter, si l’ensemble de travaux nécessaires n’ont pas été réalisés, ces travaux futurs auront un impact sur le prix du bien.

Moins de nuisances

Enfin, il faut enfin tenir compte des questions sociales : un chantier de rénovation comporte toujours des nuisances. Elles sont multipliées si l’intervention se fait en plusieurs fois. Tant qu’à être en chantier, autant y être une bonne fois pour toute, plutôt que de façon ponctuelle !

Mais surtout, un projet de rénovation demande de l’énergie de la part du conseil syndical et des copropriétaires. Si une rénovation énergétique est prévue en plusieurs étapes, il est bien possible qu’à l’issue de la première, les copropriétaires soient fatigués du projet et n’aient plus envie de poursuivre le programme de travaux dans sa globalité. Il en résultera un bâtiment à la rénovation non aboutie.

Alors que la rénovation complète en une seule fois permet une nette amélioration de la qualité du bâtiment pour un effort mensuel généralement inférieur.

Conclusion : Une rénovation globale en une fois reste la meilleure des options !